Le Japon, pays chargé d’histoire et de culture, a su nous transporter au fil du temps qui passe.
Pourtant, s’il y a bien un aspect culturel qui n’a presque pas changé, c’est bien celui de l’art des geishas.
Nous autres Européens, avons toujours cru que les geishas étaient en fait des femmes de mauvaise vie (prostituées).
Pourtant, il en est tout autrement, et ces femmes qui gardent le secret d’un art des plus anciens, se transmettant de geisha à geisha depuis plusieurs siècles, ne sont pas des prostituées, mais les détentrices d’un savoir-faire qui reste encore largement inconnu dans l’horizon occidental des jeunes gaijins que nous sommes.
C’est avec cet article comprenant : « Karyukai », « Rangs & métiers » et « Arts », que je vais vous faire découvrir le monde secret des geishas.
Qu’est ce que le « karyukai » ?Il s’agit du quartier des geishas, appelé « demi-monde » (quartier des plaisirs), lieu entouré de mystère et de règles dont seules les geishas sont les maîtresses.Il y avait 5 quartiers du demi-monde reconnus par le Shogunat :– A Tokyo : Yoshiwara (appelé « lieu où la fleur tombe »).
– A Kyoto (l’ancienne capitale du Japon) : Gion-kobu & Pontocho.
– A Osaka : Shin-Machi (la ville commerçante).
– A Nagasaki (seule ville portuaire nippone à être restée accessible lorsque le Japon s’est fermé aux étrangers) : Maruyama.
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L’histoire du karyukai :
La profession de geisha apparut en 1750, il s’agissait de femmes animant les banquets dans les maisons de thé en jouant de la musique, en chantant, en dansant, et en répondant à tous les désirs de leurs clients, marchands ou samouraïs.
Elles se distinguaient des courtisanes par leur relative simplicité, elles maniaient les arts avec grâce et refusaient de sacrifier leur corps.
Le pouvoir laissa les geishas travailler dans les quartiers de plaisir tout en les encadrant dès 1779 avec la mise en place de bureaux officiels d’enregistrement qui géraient la profession.
Elles obtinrent ensuite des licences dans toutes les villes, y compris dans la capitale impériale, Kyoto.
En 1853, le Commodore américain Perry accosta au Japon et imposa l’ouverture du pays.
Les samouraïs se divisèrent alors sur la politique à suivre pour résister : des quartiers de geishas accueillaient ou protégeaient les samouraïs des fiefs du sud-ouest pourchassés par le Shogun.
Après des années de guerre civile larvée, les Tokugawa furent destitués en 1868 et tous les pouvoirs revinrent à l’Empereur Meiji.
Le nouveau gouverneur remodela les karyukai en 1872 afin de satisfaire les exigences puritaines des gaïjins occidentaux et de circonscrire les dérives.
La prostitution fut sévèrement encadrée : les geishas virent leur statut s’assouplir mais restèrent dépendantes des maisons pour lesquelles elles travaillaient.
Les plus raffinées émigrèrent vers Tokyo, siège du pouvoir.
Ce fut leur âge d’or, une époque où les fréquenter était le comble du raffinement, elles étaient alors les tenantes du bon goût.
En 1910, les Japonais commencèrent à écouter les musiques occidentales, les femmes abandonnèrent leur kimono au profit d’une robe, les bars éclairés au néon proliférèrent et l’urbanisation s’accéléra.
Les geishas paraissaient décalées avec leur chignon sophistiqué et astreignant, leurs instrument de musique traditionnelle et leur mentalité « traditionnelle ».
On en comptait 70.000 en 1930 contre 100.000 hôtesses de bar.
Les geishas hésitèrent, puis, finalement, décidèrent de perpétuer les traditions en se repliant sur leur passé prestigieux et en restant à l’écart des modes venues de l’étranger.
La défaite de 1945 plaça le Japon sous le contrôle du Général Marc Arthur.
Il parvint à abolir la prostitution légale en 1957 et à réformer fondamentalement le statut des geishas : elles étaient désormais indépendantes et choisissaient leur vocation.Extrait du livre Le Crépuscule des geishas, Claude Estèbe et Didier du Castel, ed. Marval

Les rangs de la hiérarchie des geishas:
Voici les différents aspects des rangs des geishas et ses métiers dérivés : La geisha, qui veut dire « gei » (arts) et « sha » (la personne) : la personne des arts, a un rôle très important au sein du « karyukai », elle doit divertir les clients fortunés et ne doit jamais se prostituer.
La geisha est une hôtesse qui doit divertir grâce à ses talents artistiques : la danse, le chant, la musique, la calligraphie, la cérémonie du thé (« cha no yu »), la poésie et la conversation.
La geisha est une ½uvre d’art vivante.
Elle est là pour divertir ses clients, un point c’est tout. En 2006, on ne compte plus que 200 geishas à travers tout le Japon.L’histoire de la 1ère yujo (prostituée)
Si l’on cherche l’origine des prostituées dans le sutra bouddhique, on trouve le nom de Ubaï. Née aux Indes à l’époque du premier Bouddha (Cakkyamuni, entre 560 et 480 avant J.C), Ubaï était une enfant abandonnée qui devint extrêmement belle. Tout le monde la désirait et comme elle ne pouvait pas choisir un seul homme, elle devint la prostituée officielle de la cité.
Elle offrait au Bouddha tout l’argent qu’elle gagnait.
Ce dernier lui enseigna le bouddhisme jusqu’à ce qu’elle atteigne l’état de celui qui observe les 5 commandements :– Ne pas tuer.
– Ne pas séduire l’autre sexe, sauf s’il s’agit de sa conjointe ou de son conjoint.
– Ne pas voler.
– Ne pas mentir.
– Ne pas boire d’alcool (saké pour le Japon).Plus tard, Ubaï devint moniale et obtint le titre de « bhiksumi » (nom donné au religieux le plus élevé dans la hiérarchie monacale)*.
*Texte de Geishas et prostituées, Hideko Fukumoto, ed. Petit Véhicule

 La Yujo:
C’est le premier statut de prostituée, sa coiffure ainsi que sa tenue vestimentaire étaient différentes de celles des geishas qui étaient mises au service des prostituées, elle portait 3 kilos de kimonos (4 en satin et 1 en soie) et le n½ud « obi » se nouait devant.
Elle ne porte pas de « tabi » et elle est nu-pied, ce qui la rend plus désirable pour la gent masculine nippone. Elle avait 4 chignons potiches et 8 épingles (4 de chaque côté des chignons).
Ses « getas » faisaient de 16 à 24 cm (environ 1.5cm de plus par rang supplémentaire dans la hiérarchie), les « getas » pesant en moyenne 4 kilos chacun.
La plupart des geishas ne savent pas l’origine de leur habillement, il a été conçu de manière à ce que les prostituées et geishas ne puissent pas s’enfuir du « demi-monde ».
Si, par malheur, une geisha n’avait aucun talent, elle finissait prostituée pour la maison à laquelle elle appartenait.
Les geishas n’était pas aussi coquettes que les prostituées, elles faisaient toujours en sorte de se mettre d’accord entre elles pour s’habiller, évitant ainsi les jalousies.
La seule interdiction vestimentaire pour les pensionnaires était de mettre des vêtements de couleur or ou argent, celles-ci représentant l’aristocratie, elles n’y avaient pas droit.
Les kimonos des geishas étaient par ailleurs plus sombres et plus fleuris que celles de leurs aînées prostituées.
La Tayu:
Second rang de la prostituée.
La « tayu », tout aussi bien que la « yujo » ou « oiran », bénéficiaient, lors de leurs déplacements, de « l’oiran dochu » (parade de la oiran) qui était tellement spectaculaire qu’on savait quelle était la jeune fille demandée par le client.
Une ombrelle avec les armoiries de la maison d’appartenance était déployée par un jeune garçon au service de celle-ci. Il devançait la prostituée et annonçait sa venue à la maison de thé où attendait le client.
Le porteur d’ombrelle, deux jeunes apprentis de 7 et 13 ans et la prostituée formaient le « oiran dochu ».
Le client ne pouvait pas accéder facilement aux prostituées, il devait connaître une personne de son entourage familière de l’établissement pour pouvoir obtenir les 3 rendez-vous qui lui permettaient ensuite de participer au rite de « l’envolée des oies sauvages » et d’avoir une relation intime avec la prostituée.
Au premier rendez-vous, le client apercevait la jeune fille devant la grille de la maison de geishas.
Au deuxième rendez-vous, le client s’asseyait près d’elle mais l’entrevue durait peu de temps.
Tous ces rendez-vous permettaient de voir si le client avait les moyens de se payer les « frais de fleur » (frais de couche avec une prostituée).
Si, par malheur, le client avait bu, mangé, et passé la nuit avec une prostituée sans payer, il était puni immédiatement.
Il était alors enfermé dans un tonneau en bois ou un bol de riz salé lui tenait lieu de repas. Il était retenu par un socle qui fermait le tonneau en attendant qu’un proche ou un membre de sa famille paie sa dette envers la maison de geishas.
Certaines « tayu » officient encore au « karyukai » mais plus pour leur art charnel, il s’agit plutôt de faire perdurer leur métier grâce au musée des « tayu », qui se situe à Wachigaiya à Shimabara.
La Oiran:
Statut ultime de la prostituée.
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A l’époque féodale, le client ne peut changer de maison sous peine d’être puni par la prostituée qui lui rase alors les cheveux.
Si le client obtenait le 3ème rendez-vous, il devait donner à la « mama-san » (patronne des maisons de geishas) des « frais de fleurs » pour la prostituée : plus elle était réputée et plus sa literie était jolie.
Les geishas étaient entretenues par un « danna » qui donnait de l’argent de poche à la « mama-san », ainsi qu’à la geisha, et avait un droit prioritaire sur celle qu’il entretenait avec d’autres clients.
Les geishas étaient aussi d’excellentes menteuses qui savaient tromper le client pour lui soutirer un maximum d’argent.
La Kamuro:
Issue de familles pauvres ou ruinées.
Elle porte le maquillage d’un Kamuro, « fille d’honneur » à la geisha de haut niveau (Oiran) de retour dans le 18 ème siècle.
En kamuro, elle vit dans les quartiers des serviteurs de la maison de geisha.
Pendant le festival annuel Hon-Machi Shiyukuba, il y a toujours un défilé Oiran et deux filles habillé comme kamuro précédera
la Oiran.
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Pour que leurs parents puissent s’acquitter de leurs dettes d’argent, ces filles étaient vendues pour des sommes parfois astronomiques. Ces montants pouvant parfois dépasser le million de yen.
La dette d’achat de la petite fille s’alourdissait au fil de l’apprentissage de la future geisha qui ne pouvait commencer à s’en acquitter qu’une fois au travail au sein de leur maison.
Une fois achetées par la « mama-san », les petites filles devenaient Kamuro (apprenties geisha), pendant 9 ans (de 6 à 14 ans). Pendant cette période, elles allaient dans une école pour jeunes filles du quartier du « demi-monde ».
Les petites Kamuro devaient seconder leurs soeurs aînées (geishas) et ne pouvaient jamais refuser leurs requêtes sous peine d’être mal vues en tant que futures geishas, Accepter et accomplir ces demandes constituaient l’essentiel de leur vie courante en communauté.
La petite apprentie devait ainsi briquer « l’okiya » (maison où vivent geishas et prostituées, appelée aussi « zazikki » du « demi-monde ») pendant son temps libre, aider son aînée à s’habiller, lui frotter le dos pendant sa toilette, lui laver les cheveux ou bien porter son instrument de musique lors de déplacements pour des réceptions privées dans les « okiya ».
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Le seul interdit imposé à la jeune apprentie était de ne jamais ouvrir la pièce où la prostituée effectuait ses passes avec le client quand elle devait leur monter le thé (« ocha matcha » : thé vert de qualité supérieure utilisé pour la cérémonie du thé).
Elle devait laisser la théière en haut de la dernière marche où « l’hangyo-geisha » (apprentie non diplômée gagnant la moitié d’un salaire de geisha) prenait alors le relais.
Leur apprentissage leur permettait de devenir hôtesse ou prostituée.
Si la jeune fille devenait hôtesse, elle apprenait :
– l’art de tenir une maison propre.
– l’ »ikebana » (art de la composition florale).
– le chant (chant populaire très court, « ko uta », sur un air de « shamisen » ou chant japonais; « guidayu »).
– la danse classique (« buyo ») ou comique (appelée « noh » ou « kyogen »).
– la cérémonie du thé.
– les « haïkus » satiriques (poèmes très courts composés d’ensembles de vers de 5, 7 et 5 syllabes).
– l’origami (créer des formes d’animaux en pliant du papier de riz).
– la musique, en jouant d’un instrument traditionnel (« koto », « shamisen », « taiko », « biwa », « sakuhachi »…) seule pour les « jikata » (« geiko » musicienne) ou en groupe au sein d’un « hayashi » (petit orchestre).
Hangyo geisha:
A l’âge de 13 ans, la jeune apprentie devenait « geiko » (également appelée « hangyo geisha »), elle devait alors passer un diplôme à l’issue d’un apprentissage rémunéré pendant lequel elle ne portait pas encore le maquillage légendaire de ses aînées. La jeune fille doit seconder sa soeur aînée jusqu’à ce qu’elle ait acquis une connaissance parfaite de son art de future hôtesse pour devenir une bonne « maiko ».
Si la jeune apprentie échouait lors de son examen d’arts, elle devait se perfectionner pendant 3 mois avant de repasser le diplôme de geisha d’état.
A l’âge de 15 ans, c’est le moment de passer à la cérémonie du « muzuage » (« montée des eaux », il n’est plus exercé de nos jours) dont la plupart des geishas garde un mauvais souvenir.
Ce rituel marquait le passage de la fille à la femme et, à cette occasion, la virginité de la jeune apprentie était mise aux enchères. L’heureux bénéficiaire du « mizuage », un client fortuné choisi par la « mama-san » de l’ »okiya » ou de la geisha à laquelle la jeune apprentie appartient, était désigné grâce à un gâteau de riz dont l’obtention pouvait coûter des sommes faramineuses (certains hommes se ruinaient même pour ce privilège).
La jeune fille ne pouvait refuser sous peine d’être sévèrement battue par la « mama-san » de l’ »okiya » qui profitait de l’occasion pour affirmer son pouvoir de patronne dans le monde des geishas en infligeant la punition à la geisha félonne devant toutes ses consoeurs.
Ce rituel dure environ 6 mois, le temps que la geisha apprenne les plaisirs charnels avec son client.
Les apprenties « geiko » sont toujours accompagnées de leur « onee-sama » (grande soeur protectrice qui leur apprend le métier).
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 Geisha:
Vers l’age de 21-22 ans, la « maiko » devient geisha, elle atteint alors le stade ultime de son statut d’hôtesse. La plupart restent dans le métier toute leur vie.
Au Japon, trois types de femmes étaient reconnus chez les hommes japonais :
 
– L’épouse pour la descendance de la famille.
– La geisha pour son art d’hôtesse.
– La « oiran » pour sa connaissance parfaite des 48 poses du kamasutra.
Dans les quartiers de plaisir, il était interdit aux geishas de voler le travail des prostituées et si l’une d’elles était prise sur le fait, la maison à laquelle elle appartenait fermait ainsi que les deux établissements voisins.
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Les maikos:
Une fois qu’elle obtient son diplôme de « maiko », la jeune femme est alors chaperonnée par une de ses aînées qui lui apprend les secrets et subtilités de son art d’hôtesse.
Lors de son entrée dans le « demi-monde », la « maiko » a droit à une parade où elle peut se recommander aux « mama-san » et patrons d’établissements pour geishas (« osen », maisons de thé, « okiya »).
Elle peut alors être retenue pour ses talents d’hôtesse par un établissement autre que celui qui l’a formée.
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Les statuts sociaux
Il existait 4 types de statut social quand le métier de geisha vit le jour, auquel vint ensuite s’ajouter un statut « spécial » :– geisha indépendante.– geisha qui louait son nom à une « okiya ».
– geisha de la cour impériale (chargée de divertir les courtisans).
– geisha du peuple (chargée de distraire riches commerçants et samouraïs dans les « karyukai »).
– geisha « révolutionnaire » (elle dissimulait les samouraïs au sein des « karyukai » quand ils étaient menacés d’assassinat par leurs adversaires politiques).Les kimonos
Ils représentent la vie de la geisha : sans celui-ci, la geisha ne peut travailler.
Au Japon, le kimono est considéré comme un bijou, c’est encore plus vrai pour les geishas qui ne portaient aucun bijou.
La geisha porte la moitié de son poids en kimono, soit environ 20 kilos. Chaque élément devait être ajusté harmonieusement pour ne pas déséquilibrer la « geiko ».
Tous les jours, un habilleur ou deux (les seuls hommes autorisés à entrer dans les maisons de geishas).3 types de kimonos sont présents dans le quotidien des geishas :

– le « furisode ».
– le « kosode ».
– le « tomesode ».

Chacun d’entre eux coûte une vraie fortune, les plus onéreux sont enfermés dans des coffres à la banque jusqu’au jour des festivités.
Chaque geisha possède de 50.000 à 250.000 ¤ de kimonos, offerts par leur « danna » et leurs clients ou achetés par elles-mêmes.
Les « tabi » (chaussettes japonaises) sont indispensables aux geishas qui ne doivent jamais être pieds nus, seules les prostituées se le permettaient pour paraître plus sensuelle au client potentiel.
Les ornements (peigne et « kanzashi ») sont faits de jade et de rocaille et peuvent également coûter très cher, ils sont néanmoins facultatifs pour la coiffure des geishas.
Les « obi » des « maiko » mesurent près de 10 mètres, et sont fait en brocart avec des machines venues tout droit de France (de la ville de Dijon).
Les « obi » des geishas ne dépassent pas les 6 mètres mais sont faits de la même matière, ils sont aussi pliés de manière différente en fonction du statut.
Les « geta » et « okobo » sont les chaussures traditionnelles des « geiko ».
Les apprenties leur ajoutent 1,5 cm (de haut) à chaque fois qu’elles s’élèvent dans la hiérarchie.

La coiffure
Durant leur apprentissage, les geishas changent aussi de coiffure : celles-ci vont chez des artisans spécialisés, leur coiffure est faite avec leur vrai cheveux et parfois aussi avec une perruque.
Chaque coiffure est réalisée à l’aide d’huile de camomille.
La coiffure devait tenir une semaine. Chaque fois, au moment du coucher, pour discipliner la geisha, la « mama-san » appose un cercle de farine ou de riz japonais autour de la geisha : si celle-ci, au matin, avait le malheur de tomber dans la farine, elle devait repartir le lendemain pour une nouvelle séance de « torture » chez le coiffeur.

Le maquillage
Le maquillage des geishas est fait à base de riz appelé « oshiroi », les geishas se blanchissent le visage et le dessus des mains.
Avant chaque application, elle se désincruste les pores de la peau à l’aide d’une éponge végétale et de blanc d’oeuf, puis elle applique l’ »oshiroi », le rouge à lèvres et, enfin, le crayon noir.
Puis, pour éviter d’écailler son maquillage, elle passe de temps en temps une fine couche de poudre de riz.
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Le danna
C’est le protecteur de la geisha, en échange de son « mécénat », il dispose d’un accès privilégié à la protégée qu’il entretient.
La « mama-san » touche un pourcentage sur tous les « dons ».
Le « danna », sorte de parrain pour la geisha, pouvait être un riche homme d’affaire ou un grand samouraï très côté (pour ses talents de bretteur notamment).
Il arrive qu’une Geisha cède à un homme qu’elle trouve séduisant. Mais elles restera discrète car sa réputation et son aisance financière sont en jeu.
Le  » Danna « , s’il veut s’engager dans une longue liaison, sera prêt à faire une proposition honnête. Alors la Geisha acceptera un tel arrangement avec joie.
On ne gagne vraiment de l’argent qu’en ayant un Danna.
Si la Geisha se lie à un Danna, elle le fera par l’intermédiaire d’une cérémonie.
Ce lien dure 6 mois, parfois davantage.
Le Danna réglera une partie des dettes de la Geisha (qui rembourse son Okiya pour les frais engendrés depuis son arrivée à l’Okiya).
Il rembourse une partie de ses dépenses (son maquillage, ses leçons, voire ses frais médicaux, sa taxe d’enregistrement, ses repas).
Il lui paiera des bijoux, des kimonos et sponsorisera pour elle des spectacles de danses.
Outre son entretien, qui lui coûtera des sommes folles, le  » Danna  » continuera à payer la Geisha à son tarif horaire (comme le font ses autres clients) chaque fois qu’il passera du temps avec elle.
Parfois, il paiera davantage que le tarif habituel, afin de montrer sa bonne volonté.
Mais il a également droit à certains  » privilèges « .
Quand une geisha arrive dans une maison de thé, la maîtresse de la maison allume un bâtonnet d’encens qui met environ une heure à se consumer.
On appelle cela une  » o-hana  » ou  » fleur « . Les honoraires de la geisha sont calculés selon le nombre de bâtons d’encens consumés au moment du départ.
Le prix d’une o-hana est fixé par le Bureau d’Enregistrement de Gion.
En 1930, une ohana coûtait le prix de 2 bouteilles de saké.
Les geishas les plus cotées pouvaient réclamer une o-hana toutes les 5 minutes.
Il restera à la geisha à peine plus de la moitié de ce qu’elle gagne, le reste partant chez l’habilleur, à l’okiya, à la maison de thé…
 
Le Taikomochi:
Contrairement à elles, le « taikomochi » conte des légendes et histoires et mime les faits de la vie quotidienne, c’est un humoriste hors-pair dont le long apprentissage dure plus de 10 ans.
Pendant cette durée, il est logé chez un patron qui lui apprend son art, en échange de quoi il rend service en travaillant dans la maison de son maître en effectuant les taches ménagères, gardant les enfants, etc…
Une fois reconnu dans le « demi-monde », le « taikomochi » est encore dépendant pendant 2 ans de son maître à qui il verse la moitié de ses gains pour les soirées où il a été convié.
Un « taikomochi » talentueux n’était reconnu qu’au bout de 30 ans de carrière en tant qu’indépendant.Extrait de Geishas et prostituées, Hideko Fukumoto, ed. Petit Véhicule
 Les arts des geishas
Voici la liste des arts pratiqués par les « geiko » :
– la danse.
– le chant.
– la musique.
– la poésie.
– le festival des geishas.
– la cérémonie du thé.
– les origamis.
– la conversation.
– les jeux traditionnels.
La mama-san
C’est la patronne de l’ »okiya », elle veille à son entretien, tient les comptes et régit l’emploi du temps des geishas.
Elle doit maintenir la réputation de sa maison et prévoir sa succession.
Source : Ma Vie de geisha, Mineko Iwasaki, Rande Brown et Isabelle Chapman (trad.), Le Livre de Poche