byakkotai

Dans la tradition, un fils de samouraï était soumis à une discipline très stricte.

Le temps des caresses maternelles est douloureusement court.

Avant même d’avoir vêtu son premier pantalon, on l’avait soustrait autant que possible aux tendres contacts et on lui avait appris à réprimer les élans affectueux de l’enfance.

Tout plaisir oisif était rigoureusement mesuré et le confort lui-même proscrit, sauf en cas de maladie.

Ainsi, dès le moment où il savait parler, on lui enjoignait de considérer le devoir comme le seul guide de son existence, le contrôle de soi comme la première règle de conduite, la souffrance et la mort comme des accidents sans importance du point de vue individuel.

Cette éducation austère n’allait pas sans impératifs beaucoup plus contraignants, destinés à développer une impassibilité totale dont l’enfant ne devait jamais se départir, hormis l’intimité de la maison.

On accoutumait les garçonnets à la vue du sang en les forçant à assister à des exécutions. Ils ne devaient manifester aucune émotion.

De retour chez eux, on les obligeait à manger un grand plat de riz coloré en rouge sang par l’adjonction d’un jus de prunes salé, afin de réprimer tout sentiment d’horreur secret.

Des épreuves encore plus pénibles pouvaient être imposées, même aux très jeunes enfants.

À titre d’exemple, on les contraignait à se rendre seuls, à minuit, sur les lieux du supplice, et à en rapporter la tête d’un des condamnés pour preuve de leur courage.

En effet, la crainte des morts était jugée tout aussi méprisable de la part d’un samouraï que celle des vivants. Le jeune samouraï devait apprendre à se prémunir contre toutes les peurs. Dans toutes ces épreuves, la plus parfaite maîtrise de soi était exigée.

Aucune fanfaronnade n’aurait été tolérée avec plus d’indulgence que le moindre signe de lâcheté.

En grandissant, l’enfant devait se satisfaire, en guise de distractions, de ces exercices physiques qui, très vite et pour le restant de ses jours, préparent le samouraï à la guerre : Kenjutsujujutsu, Bajutsu, Kyujutsu respectivement art du sabre, lutte, art équestre, tir à l’arc.

On lui choisissait des compagnons parmi les fils des domestiques, plus âgés que lui et sélectionnés pour leur habileté dans l’exercice des arts martiaux.

Ses repas, bien qu’abondants, n’étaient pas très raffinés, ses tenues légères et rudimentaires, sauf à l’occasion des grandes cérémonies.

Lorsqu’il étudiait, en hiver, s’il arrivait qu’il eût si froid aux mains qu’il ne puisse plus se servir de son pinceau, on lui ordonnait de plonger dans l’eau glacée pour rétablir la circulation.

Si le gel engourdissait les pieds, on l’obligeait à courir dans la neige.

Plus rigoureux était encore l’entraînement militaire proprement dit : l’enfant apprenait de bonne heure que la petite épée à sa ceinture n’était ni un ornement, ni un jouet.

Pour l’éducation religieuse du jeune samouraï, on lui apprenait à vénérer les dieux anciens et les esprits de ses ancêtres.

On l’initiait à la foi et à la philosophie bouddhiques et on lui enseignait l’éthique chinoise.

Ceci est à nuancer, du fait que tel clan ou telle famille ou encore telle koryu (école d’arts martiaux) tendaient à une vision shintoïstebouddhique ou confucianiste.

Ainsi la Tenshin Shōden Katori Shintō-ryū incline vers le Shintoïsme tandis que la Hyoho Niten Ichi Ryu ouvre son texte majeur sur une invocation à une déité bouddhiste en poursuivant que s’il faut vénérer les dieux, il ne faut pas pour autant attendre d’eux la victoire.

Peu à peu, à mesure qu’il passait de l’enfance à l’adolescence, la surveillance à laquelle il était soumis allait s’amenuisant.

On le laissait de plus en plus libre d’agir selon son propre jugement, avec la certitude qu’on ne lui pardonnerait pas la moindre erreur, qu’il se repentirait toute sa vie d’une offense grave et qu’un reproche mérité était plus à redouter que la mort même.

Le samouraï apprenait son métier au sein d’écoles anciennes dispensant une formation aux armes, à la stratégie, au renseignement et aux divers aspects de l’art de la guerre.

Ces koryu, écoles anciennes, ont été le cadre qui a façonné l’excellence technique et morale du samouraï.

 

Asedio Aizu 2

Différents types de samouraï

Un samouraï n’ayant pas de rattachement à un clan ou à un daimyō (seigneur féodal) était appelé un rōnin. Un samouraï qui était un vassal direct du shogun était appelé hatamoto.

Cependant, tous les soldats n’étaient pas samouraïs, ceux-ci constituant une élite équivalent en quelque sorte aux chevaliers européens ; l’armée, à partir de la période Kamakura, reposait sur de larges troupes de fantassins de base nommés ashigaru et recrutés principalement parmi les paysans.

Le samouraï utilisait environ 40 armes avec une mention spéciale pour le katana, grand sabre, qu’il était le seul à pouvoir porter.

Il étudiait les kobudo, les arts martiaux japonais d’avant 1868, au sein des koryu, écoles anciennes. Il attribuait une grande importance au katana, suivant ainsi le Bushidō pour lequel le katana est l’âme du samouraï.

Quand un enfant avait atteint l’âge de 15 ans, il pouvait obtenir un wakizashi (petit sabre) et un nom d’adulte lors d’une cérémonie appelée genpuku (元服). Lors de cette cérémonie, il devenait samouraï.

Il obtenait aussi le droit à porter un katana. Une cordelette (souvent conçue à partir d’une mèche de cheveux) était souvent nouée à travers un trou dans le tsuba (habituellement prévu pour faire passer le kogatana, stylet rangé dans un compartiment du fourreau), une sorte de sécurité pour katana, permettant de manifester des intentions pacifiques, puisqu’il devenait dès lors impossible de le dégainer sans dénouer d’abord cette sécurité.

Un katana et un wakizashi ensemble sont appelés un daisho (littéralement : « grand et petit »).

Le wakizashi était « la lame d’honneur » d’un samouraï et il ne quittait jamais son côté.

Le samouraï dormait avec sous son oreiller et l’emmenait avec lui quand il entrait dans une maison et devait laisser ses armes principales dehors.

Le tanto était un petit poignard, et il était porté quelques fois à la place du wakizashi dans un daisho.

Il était utilisé quand un samouraï devait faire seppuku ou hara-kiri (suicide).

Cependant, placé dans le keikogi (« vêtement d’entraînement »), le tanto se révèle être une arme de poing très utilisée pour les assassinats ou les combats rapprochés.

L’arme favorite du samouraï était le yumi (l’arc). Le yumi resta inchangé jusqu’à l’apparition de la poudre à canon et des fusils au xvie siècle.

L’arc composite de style japonais n’était pas une arme très puissante en comparaison avec l’arc classique d’Eurasie.

Sa taille permettait de lancer divers projectiles comme des flèches enflammées, et flèches-signaux d’une portée efficace de 50 m, et plus de 100 m quand la précision n’était pas importante.

Il était ordinairement utilisé à pied derrière un tedate (手盾), un grand mur de bambou mobile, mais il pouvait même être utilisé à dos de cheval.

La coutume de tirer à dos de cheval, yabusame (流鏑馬), est devenue une cérémonie shintoiste.

Le nodachi est un sabre d’aspect similaire au katana, mais qui mesure environ 150 cm ; il était réservé aux samouraïs les plus forts.

On peut voir Kikuchiyo, personnage venant du monde paysan, en manipuler un dans le film Les Sept Samouraïs.

Ce type d’arme est adapté à la lutte contre les unités de cavalerie, et surtout contre les fantassins en armures légères.

Elle ne fût toutefois jamais vraiment populaire en raison de la difficulté de son maniement (requiert davantage de force et de dextérité qu’un katana de taille moyenne), et du fait que le Naginata remplissait déjà très bien ce rôle.

Certains samouraïs les utilisaient toutefois, certains pour crâner à l’instar de nombreux kabuki-mono, et moins souvent en raison de compétences réelles dans son maniement.

On notera notamment le célèbre Sasaki Kojirô et sa Monohoshizao, ainsi que Makara Jurōzaemon Naotaka, et son fameux Nodachi, Tarōtachi, mesurant 220 cm pour 4,5 kg (éléments de poignée et autres accessoires exclus).

Au xve siècle, le yari (lance) est également devenu une arme populaire.

Il a remplacé le naginata sur le champ de bataille lorsque la bravoure personnelle est devenue moins importante, et les batailles, plus organisées.

Le yari était plus simple à utiliser et plus mortel qu’un katana. Une charge, à cheval ou à terre, était plus efficace quand une lance était utilisée, et offrait plus de 50 % de chances de vaincre un samouraï armé d’un tachi, forme primitive de katana adaptée au combat monté, parfois appelé par erreur « daïkatana » dans la culture occidentale.

Dans la Bataille de Shizugatake, où Shibata Katsuie fut vaincu par Toyotomi Hideyoshi (ou Hashiba Hideyoshi), les « sept lances » de Shizugatake (賤ヶ岳七本槍) ont joué un rôle crucial dans la victoire.

Jusqu’au xviiie siècle, le tranchant des lames de katanas était testé sur des condamnés vivants par des bourreaux payés par les samouraïs.

Les armes blanches utilisées par les samouraï ont énormément gagné en qualité au fil des siècles, jusqu’à arriver à une qualité inégalée : les lames forgées selon la tradition japonaise sont encore aujourd’hui les meilleures que l’Homme ait faites sur le plan des qualités physiques, grâce aux techniques complexes de forge et de trempe développées par les forgerons d’armes japonais, ainsi que le Tamahagane, acier spécial obtenu à base de sable ferrugineux.

Durant les guerres féodales, plusieurs dizaines de milliers de samouraïs pouvaient être impliqués dans les combats.

Il devenait donc important de trouver un moyen de transmettre les ordres de déplacement.

À cette fin, on utilisait un bâton de commandement (saihai) qui pouvait être aperçu de loin.

Il s’agissait d’un bâton orné à une extrémité d’un faisceau de poils de yak, de lamelles de papier laqué, de lanières de cuir ou de bandelettes de tissu.

Le bâton était fixé à l’armure à l’aide d’une corde. Son utilisation remonte aux années 1570.

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Quelques samouraïs célèbres

Minamoto no Yoshitsune    Yamashiro (un ancien nom de Kyoto)    1159 -1189

Kenshin Uesugi    Echigo (un ancien nom de Nigata)    1528 -1578
Shingen Takeda    Kai (un ancien nom de Yamanashi)    1522 -1573
Hideyoshi Toyotomi    Owari (un ancien nom de Aichi)    1536 -1598
Torii Mototada        1539    1600
Yukimura Sanada    Shinano (un ancien nom de Nagano)    1567 -1615
Sune’emon Torii    Mikawa (pres de Nagoya)        1575
Musashi Miyamoto    Aucun (Ronin)    1584-1645
Shirō Amakusa    Shimabara    1621-1638
Shigetsuke Taira        1639-1730
Tsunetomo Yamamoto        1659-1719
Heihachirō Ōshio        1793-1837
Takamori Saigō    Satsuma (ancien nom de Kagoshima)    1827-1877
Isami Kondô    Musashi    1834-1868
Tomoe Gozen    1161-1184
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On peut également noter :

Les 24 généraux de Shingen Takeda et d’autres groupes de samouraïs.
Des étrangers au Japon ayant pu devenir samouraïs:
Le Japon et la France, deux pays très éloignés qui ont eu pourtant plusieurs échanges ayant laissés de grosses traces dans l’histoire jusqu’à nos jours.

Le dernier samouraï, un étranger tombe amoureux d’un pays qui n’est pas le sien. 

Souvenez vous du film Le dernier Samouraï ? 
Il s’agit d’un film où Tom Cruise joue le rôle d’un américain venu au japon en 1877, dont le destin sera de combattre aux coté des derniers samouraïs.

Le film n’est pas une fiction en tout point, il relate deux histoires différentes qui se sont réellement passés.

L’une de ses 2 histoires est celle qui nous intéresse pour cette théorie.

Il y a bel et bien eu des étrangers ayant combattus auprès de soldats japonais lors des guerres shogunales de 1868.

Parmi eux comptaient plusieurs français dont le capitaine Jules Brunet.
Jules Brunet était un brillant artilleur français, venu au japon avec d’autres français dans le but d’instruire aux troupes du Shogun les méthodes de combat moderne.
Pendant ce temps, Brunet se prit d’amour pour le Japon.

Il profita de son séjour pour réaliser plusieurs peintures de ce beau pays. 

 


À gauche, le Capitaine Jules Brunet. À droite, l’affiche du film le Dernier Samouraï.

Durant la mission française, le Shogun Tokugawa fut obligé de céder le pouvoir lors d’une guerre à l’empereur Meiji.

La France se déclare alors neutre et décide de retirer sa mission militaire du pays.
Contre toute attente, Brunet ne tient pas à revenir en France de si tôt.

Touché par l’accueil qu’il a reçu au Japon, Jules Brunet proposa d’aider le Shogun et les hommes qu’il avait formés en luttant pour eux et pour un pays qu’il aime.

Les dernières forces du Shogun établirent la république d’Ezo sur Hokkaido.

Une fortification suivant le modèle Vauban y sera même érigée.

C’est dans cette même fortification que la dernière bataille opposant le Shogun à l’empereur aura lieu.

La bataille où Brunet, ses hommes et les troupes qu’ils ont formées lutteront pour la dernière fois ensemble.

Les 2000 et quelques hommes défendant la forteresse tiendront tête à plusieurs dizaines de milliers d’assaillants pendant des semaines avant de se rendre.
Un bateau arrivera à temps pour secourir Brunet et les autres français pour qu’ils puissent retourner dans leur pays d’origine.

Cependant ils ne remettront plus jamais le pied sur le pays du soleil levant.

Cette mission ne sera pas le dernier échange entre la France et le japon mais il est celui dont on se souviendra le plus, le plus symbolique.

La France et le Japon continuèrent de faire des échanges.
Des échanges de culture, de savoir, de vision du monde etc.
La France jouera un rôle important dans le renouveau de la flotte japonaise et sa mise en place.
De son côté, le japon inspirera les artistes et donnera en partie naissance à l’impressionnisme, des français ramèneront de leur périple le savoir du japon en Europe, comme les arts martiaux entre autres. 

De multiples expériences enrichissantes pour deux pays qui pourtant si éloignés ne sont peut être pas si différent.

Peu connu en France, Jules Brunet est un personnage bien plus connu au japon et représente l’un des épisodes le plus marquant d’un Japon en renouveau sortant d’un isolationnisme millénaire.

Et il y a eu aussi William Adams et Yasuke

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Source: wikipedia